Période précoloniale. Bien avant l'arrivée des Européens, le territoire de l'actuel Ghana abritait des États puissants — l'Empire ashanti (Asante), les royaumes du Dagbon et du Mamprusi, ainsi que les États côtiers fanti. Chez les Ashanti, le principal symbole d'unité n'était pas un drapeau au sens européen, mais le Trône d'or (Sika Dwa Kofi) — objet sacré censé incarner l'âme même de la nation ashanti. La culture visuelle de la région reposait sur les symboles adinkra, le tissu kenté, les parasols colorés des chefs, les tambours royaux et d'autres regalia cérémonielles. Autrement dit, le territoire possédait une tradition symbolique riche bien avant la colonisation, sans toutefois disposer d'un « drapeau national » unique au sens étatique moderne.
Drapeaux européens sur la Côte de l'Or. Les premiers Européens à s'établir sur le littoral de l'actuel Ghana furent les Portugais, qui fondèrent en 1482 le fort de São Jorge da Mina — connu aujourd'hui sous le nom d'Elmina. Au cours des siècles suivants, le littoral fut tour à tour dominé par les pavillons du Portugal, de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales, du Danemark, du Brandebourg-Prusse et de la Grande-Bretagne. Il ne s'agissait pas d'un espace colonial unifié, mais plutôt d'un chapelet de forts et de comptoirs où les puissances européennes se disputaient l'or, l'ivoire et, tragiquement, les esclaves. C'est précisément l'ampleur du commerce de l'or qui donna au territoire son nom de « Côte de l'Or » — motif qui passera plus tard directement dans la bande jaune du drapeau ghanéen.
La Côte de l'Or britannique (1821–1957). En 1821, la Couronne britannique prit le contrôle direct des forts côtiers de la Côte de l'Or, et en 1874 le territoire fut officiellement proclamé colonie de la Gold Coast. Après une série de guerres anglo-ashanti, le Royaume-Uni étendit progressivement son emprise vers l'intérieur : en 1901, l'Ashanti et les Territoires du Nord devinrent à leur tour protectorats britanniques. La colonie arborait le British Blue Ensign frappé d'un badge colonial — un écu représentant un éléphant, un palmier et des montagnes — selon un schéma typique de l'Empire britannique : Union Jack dans le canton et emblème local sur fond bleu. Ce drapeau resta en usage jusqu'en 1957, tandis que la forme administrative du territoire continuait d'évoluer vers ce qui allait devenir l'État du Ghana.
Le Togoland britannique et la formation du Ghana moderne. Un chapitre distinct mais essentiel est celui du Togoland britannique — la partie occidentale de l'ancienne colonie allemande du Togo, placée sous mandat britannique après la Première Guerre mondiale, puis sous tutelle de l'ONU. En 1956, un plébiscite y fut organisé, et la majorité des votants choisit le rattachement à la Côte de l'Or. C'est pourquoi le Ghana indépendant de 1957 ne fut pas simplement l'ancienne colonie de la Gold Coast, mais un nouvel État réunissant la Côte de l'Or, l'Ashanti, les Territoires du Nord et le Togoland britannique. Le nouveau drapeau devait donc représenter non plus une administration coloniale, mais l'identité politique commune de ce pays unifié.
La marche vers l'indépendance. Après la Seconde Guerre mondiale, le mouvement anticolonial connut une rapide montée en puissance. Un moment clé fut le 28 février 1948, lorsque la police coloniale britannique ouvrit le feu sur un groupe de vétérans de guerre qui marchaient à Accra pour réclamer les pensions et les emplois qui leur avaient été promis. Leur mort déclencha de vastes émeutes et l'arrestation des dirigeants de l'UGCC, parmi lesquels Kwame Nkrumah. En 1949, Nkrumah fonda le Convention People's Party (CPP) sous le slogan « Self-Government Now ». La campagne de désobéissance civile « Positive Action » de 1950, les victoires successives du CPP aux élections de 1951, 1954 et 1956, ainsi que la pression d'un mouvement de masse, rendirent l'indépendance inéluctable.
La naissance du drapeau en 1957. À la veille de l'indépendance, un concours public fut lancé pour dessiner le nouveau drapeau national. La lauréate fut Theodosia Salome Okoh (1917–2015) — professeure d'arts plastiques, peintre et, plus tard, figure majeure du sport ghanéen. Son projet — un tricolore rouge, jaune et vert frappé d'une étoile noire en son centre — fut officiellement approuvé. À minuit, le 6 mars 1957, sur le Polo Ground d'Accra, le drapeau britannique fut amené et le drapeau du Ghana hissé pour la première fois. Au même instant, Kwame Nkrumah prononçait sa déclaration restée célèbre : « Ghana, your beloved country, is free forever. » Le Ghana devint ainsi le premier pays d'Afrique subsaharienne à arracher son indépendance à une puissance européenne, et son drapeau devint instantanément le symbole non pas d'un seul État, mais de tout le mouvement de libération africain.

Pourquoi l'étoile noire. L'étoile centrale n'avait rien d'un ornement décoratif. Elle renvoyait à l'idée de l'« Étoile noire de l'Afrique » — symbole de la libération des personnes d'ascendance africaine et de la future unité du continent. Elle est le plus souvent associée à la Black Star Line de Marcus Garvey, compagnie maritime fondée en 1919 dans le cadre du mouvement panafricain. Pour Nkrumah, qui pensait non seulement à l'échelle ghanéenne mais à l'échelle continentale, cette étoile était l'emblème idéal : simple, puissant et immédiatement compréhensible, sans la moindre explication.
La République de 1960. Le 1er juillet 1960, le Ghana devint une république, avec Kwame Nkrumah comme premier président. Le drapeau, lui, resta inchangé : le tricolore rouge-jaune-vert orné de l'étoile noire s'était déjà imposé comme le symbole central de l'indépendance. C'est un détail révélateur — de nombreux États nouvellement indépendants ont refondu leurs symboles lors du passage à la république, mais le Ghana a choisi de conserver le dessin de 1957 comme socle visuel de son nouvel État.
L'Union des États africains et un drapeau à plusieurs étoiles. En 1958, le Ghana et la Guinée formèrent l'Union des États africains, première tentative d'intégration politique entre pays africains indépendants. L'Union utilisait un drapeau directement inspiré du modèle ghanéen, mais orné de deux étoiles noires — une par État membre. Lorsque le Mali rejoignit l'Union en 1961, une troisième étoile fut ajoutée. Il ne s'agissait pas du drapeau national du Ghana, mais l'épisode est très éloquent : le drapeau ghanéen servait, en pratique, de modèle à la symbolique de l'union panafricaine dont Nkrumah rêvait de bâtir.
La refonte de 1964–1966. En 1964, après la transformation du Ghana en État à parti unique sous le CPP, la bande jaune centrale fut remplacée par une bande blanche. Le nouveau drapeau se composait alors de bandes rouge, blanche et verte avec une étoile noire en son centre. Le changement était ouvertement politique : le blanc correspondait aux couleurs du Convention People's Party. Cette version ne dura pas longtemps. Le 24 février 1966, alors que Nkrumah se trouvait en visite officielle à l'étranger, l'armée et la police organisèrent un coup d'État, et le pouvoir passa au National Liberation Council (NLC).
Le rétablissement du drapeau de 1957. Après le coup d'État, les nouvelles autorités abandonnèrent la version aux couleurs du parti et restaurèrent le dessin original de Theodosia Okoh. Depuis le 28 février 1966, le tricolore rouge, jaune et vert frappé de l'étoile noire est de nouveau le drapeau d'État du Ghana. Cette version a traversé plusieurs régimes militaires, plusieurs républiques successives, de profondes crises économiques, le retour à la démocratie multipartite et l'adoption de la Constitution de 1992.
Le drapeau dans le Ghana d'aujourd'hui. Le drapeau du Ghana est aujourd'hui l'un des plus reconnaissables du continent. Il est hissé lors des cérémonies officielles sur la Black Star Square d'Accra, lors des matchs de l'équipe nationale de football, les Black Stars, dans les écoles, les ambassades et pendant les célébrations de la fête de l'Indépendance le 6 mars. L'étoile noire fait désormais partie d'un langage symbolique national plus large : on la retrouve dans le nom de la principale place du pays, dans le sport, dans l'identité visuelle de l'État et dans la culture populaire. En ce sens, le drapeau du Ghana ne fonctionne pas seulement comme un emblème officiel, mais comme une formule condensée du pays lui-même : le sang de la lutte, l'or de la terre, le vert de la nature et l'étoile noire de la liberté africaine.
L'héritage du dessin. C'est bien le drapeau du Ghana qui a fait des couleurs panafricaines « d'origine éthiopienne » un code visuel mondialement identifiable. Après 1957, des palettes similaires furent reprises par d'autres jeunes États africains — non comme de simples copies du Ghana, mais comme une langue visuelle commune de la liberté anticoloniale. Grâce à sa composition épurée et à un symbole central d'une grande puissance, le dessin de Theodosia Okoh est devenu l'un des drapeaux les plus influents de l'histoire de la vexillologie africaine.